Influence

Le podcast Sexe Oral au cœur d’une controverse après une entrevue controversée

Le podcast Sexe Oral est vivement critiqué après la diffusion d’une entrevue controversée, relançant le débat sur les limites éditoriales et la responsabilité..
Par Ariana G.

Le podcast québécois Sexe Oral fait face à une vague de critiques après la diffusion d’un épisode mettant en scène une personne anonyme se présentant comme pédophile. Animée par Lysandre Nadeau et Joanie Grenier, l’entrevue visait à aborder une réalité hautement stigmatisée et rarement discutée publiquement, mais son traitement a suscité une importante controverse.

Une décision éditoriale qui divise

Depuis sa mise en ligne vendredi, l’épisode a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux, plusieurs remettant en question le choix d’offrir une tribune à un tel témoignage, même si l’entrevue s’est déroulée en présence d’une sexologue.

Les critiques estiment que l’épisode risque de banaliser la pédophilie et reprochent au balado de ne pas avoir suffisamment recadré ou confronté certaines affirmations du participant, notamment lorsqu’il soutient ne pas avoir besoin d’aide professionnelle.

Les animatrices répondent aux critiques

Contactée par l’Agence QMI, la coanimatrice Joanie Grenier a reconnu que l’épisode ne présentait peut-être pas le témoignage idéal.

« Si j’avais eu plusieurs options, j’aurais choisi quelqu’un d’autre, a-t-elle expliqué. Mais il n’y a pas de volontaires. Personne ne souhaite s’exprimer publiquement. C’était la première personne prête à le faire. »

Grenier a également confié que l’entrevue l’avait profondément affectée, évoquant plusieurs nuits sans sommeil à la suite de l’enregistrement, qui avait eu lieu environ deux mois avant la diffusion de l’épisode.

Une hausse des demandes auprès des services de soutien

Fait notable, l’épisode semble avoir eu un impact immédiat sur certains organismes d’aide.

Ça Suffit, une ligne d’aide québécoise offrant un soutien confidentiel aux personnes éprouvant une attirance sexuelle envers des mineurs, a rapporté une augmentation des appels et des visites sur son site web dans les jours ayant suivi la diffusion.

Selon la criminologue Pauline Delfini, coordonnatrice chez Ça Suffit, l’organisme a observé une hausse marquée de l’engagement dans les 72 heures suivant la publication de l’épisode, une tendance qui pourrait indiquer une meilleure visibilité des ressources disponibles.