De la célébrité soudaine à un engagement durable, le parcours de Ludivine Reding après Fugueuse montre comment un rôle marquant peut devenir une mission sociale. Plus qu’un phénomène télévisuel, la série a transformé sa carrière, sa prise de parole publique et son sens des responsabilités envers les jeunes générations.
Avant et après Fugueuse
Le 27 décembre 2017, Ludivine Reding publie une simple photo sur Instagram, prise à Casablanca. L’image récolte un peu moins de 4 000 mentions « j’aime », un chiffre respectable, mais sans rien d’exceptionnel. Moins de deux semaines plus tard, le 8 janvier 2018, tout bascule.
Ce jour-là marque la première diffusion de Fugueuse à TVA. Lorsque Reding publie la première image de son personnage, Fanny Couture, la réaction est immédiate : plus de 10 000 mentions « j’aime » en quelques heures. Dans les mois qui suivent, ses publications dépassent régulièrement les 20 000, 30 000, voire 50 000 interactions.
À seulement 21 ans, Ludivine Reding vit ce que peu d’acteurs connaissent aussi tôt dans leur carrière : un véritable « avant » et « après ». Mais contrairement à bien des ascensions fulgurantes, la sienne s’est construite avec lucidité et intention.

« Fugueuse m’a apporté énormément de choses, sur le plan personnel comme professionnel », expliquait-elle à l’époque.
« Je me sens plus humaine, plus mature et meilleure actrice. »
Transformer un rôle en responsabilité
Incarner une adolescente manipulée et exploitée par un proxénète n’était pas un rôle que Ludivine Reding pouvait simplement laisser derrière elle une fois le tournage terminé. Le poids émotionnel de Fugueuse l’a suivie bien au-delà de l’écran, et elle a choisi de l’affronter de front.
« Je m’implique beaucoup », confiait-elle. « La série m’a profondément marquée. Je veux aider les jeunes. Personne ne mérite de vivre ce que Fanny traverse. »
Plutôt que d’attendre que des institutions ou des campagnes la sollicitent, Reding a pris l’initiative elle-même. Elle a pris la parole publiquement, participé à des discussions et reçu d’innombrables messages de spectateurs, plusieurs profondément personnels, souvent bouleversants.
Ce qui a émergé n’était pas simplement une actrice répondant à son public, mais une jeune femme façonnant consciemment le sens de sa visibilité.
Ce sentiment de responsabilité s’inscrivait naturellement dans les grands mouvements sociaux de l’époque, notamment #MeToo, que Reding a reconnu ouvertement comme transformateur. Fugueuse n’existait pas en vase clos, elle faisait écho à une prise de conscience culturelle plus large.

Curiosité culturelle et impact durable
Au-delà de la télévision, les intérêts de Ludivine Reding témoignent d’une profonde curiosité pour la culture sous toutes ses formes. Le théâtre, en particulier, occupe une place importante dans son développement artistique.
« Je regarde beaucoup de théâtre », partage-t-elle. « J’observe les acteurs, leur jeu. Je n’ai pas encore fait de théâtre, mais j’apprends des autres. »
Sur le plan musical, elle a également exprimé son enthousiasme face à l’essor du rap québécois et à l’émergence d’artistes comme Hubert Lenoir, une génération qui redéfinit l’identité culturelle locale.
Des années plus tard, Fugueuse continue de résonner. En novembre 2023, la série est entrée dans le Top 10 des émissions les plus regardées sur Netflix Canada, faisant découvrir l’histoire de Fanny Couture à des publics internationaux en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Pour le producteur Groupe Encore, ce succès a confirmé ce que le public savait déjà : Fugueuse transcende l’âge, les frontières et le temps.
« La série ouvre le dialogue », expliquait Chrystine Girard, directrice de la distribution internationale. « Elle aide les familles à reconnaître les signes d’alerte. Et surtout, elle montre que la guérison est possible. »
Avec le recul, Fugueuse n’a jamais été qu’une série, elle a été un moment culturel. Et pour Ludivine Reding, elle est devenue le socle d’une carrière guidée non seulement par le talent, mais par le sens.







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