Le projet SAAQclic a coûté beaucoup plus cher que prévu. Lancée en février 2023 dans le cadre du vaste programme CASA de modernisation informatique de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), la plateforme a rapidement été associée à d'importants problèmes techniques, à des dépassements de coûts et à plusieurs enquêtes publiques.
Selon les plus récentes estimations de la Vérificatrice générale du Québec, le coût total du projet pourrait atteindre près de 1,1 milliard de dollars, soit environ 500 millions de plus que le budget initial annoncé. Depuis, les témoignages devant la Commission Gallant ainsi que plusieurs rapports ont permis de mieux comprendre comment ce projet a pu connaître une telle dérive.
Combien a réellement coûté SAAQclic?
Lorsque le projet CASA est officiellement présenté, le coût prévu de la modernisation informatique de la SAAQ est estimé à 638 millions de dollars.
Au fil des années, plusieurs révisions budgétaires sont toutefois effectuées. Dès 2020, les coûts augmentent de plusieurs centaines de millions de dollars à l'interne, sans que ces nouveaux montants soient pleinement communiqués aux décideurs.
En février 2025, la Vérificatrice générale du Québec conclut que le coût du programme atteint désormais près de 1,1 milliard de dollars, en tenant compte des dépenses liées au déploiement, des interventions d'urgence et des différentes phases du projet.
Quelques mois plus tard, des documents internes déposés devant la Commission Gallant révèlent que les dépenses engagées dépassaient déjà 916 millions de dollars au printemps 2025, tandis que les estimations internes approchaient elles aussi le milliard de dollars.
En résumé :
- Budget initial (2017) : 638 M$
- Révision interne : 945,9 M$
- Estimation de la Vérificatrice générale : près de 1,1 G$
Source : Radio-CanadaPourquoi les coûts de SAAQclic ont-ils autant augmenté?
Les différents rapports publiés depuis le lancement de SAAQclic identifient plusieurs facteurs ayant contribué aux dépassements de coûts.
Selon la Vérificatrice générale, des signaux d'alarme existaient bien avant le déploiement de février 2023. Certains tests n'étaient pas terminés, plusieurs problèmes techniques demeuraient connus et des risques importants avaient déjà été identifiés.
La Commission Gallant est arrivée à des conclusions similaires. Son rapport estime notamment que le programme CASA était devenu trop ambitieux, regroupant plusieurs transformations majeures dans un seul projet informatique.
Le juge Denis Gallant souligne également que certaines informations transmises aux autorités gouvernementales étaient incomplètes ou trompeuses, notamment en ce qui concerne l'évolution réelle des coûts. Le rapport critique aussi une gouvernance très centralisée ainsi qu'un modèle contractuel qui n'a pas permis de limiter efficacement les dépassements budgétaires.
L'ensemble de ces facteurs a contribué à transformer ce qui devait être un important projet de modernisation numérique en l'un des plus coûteux projets informatiques de l'histoire récente du gouvernement du Québec.
Source : Montreal GazetteOù en est le dossier aujourd'hui?
Même si SAAQclic est maintenant utilisé quotidiennement par des centaines de milliers de Québécois pour plusieurs services en ligne, le dossier continue de faire l'objet d'un important suivi politique.
En février 2026, la Commission Gallant a rendu public un rapport d'environ 600 pages concluant que la SAAQ avait, pendant une partie importante du projet, transmis des informations inexactes concernant les coûts et l'évolution du programme CASA.
Le rapport formule de nombreuses recommandations afin d'améliorer la gestion des futurs projets numériques du gouvernement, notamment en renforçant la gouvernance, les mécanismes de contrôle et la transparence envers les décideurs publics.
Parallèlement, la SAAQ poursuit l'évolution du programme CASA, puisque certaines phases prévues initialement ne sont toujours pas entièrement complétées.
Au-delà des débats politiques, le projet SAAQclic est aujourd'hui devenu un cas d'école au Québec en matière de transformation numérique du secteur public. Son coût, désormais estimé autour de 1,1 milliard de dollars, continue d'alimenter les discussions sur la gestion des grands projets informatiques gouvernementaux.









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